Thèse sur la construction de la confiance institutionnelle : application aux solutions de l'identité digitale

ref : 0015849 | 28 mars 2017

date limite de candidature : 31 juil. 2017

23 rue Thomas Edison 33600 PESSAC - France

votre rôle

Effectuer un travail de thèse sur « Construction de la confiance institutionnelle : application aux solutions de l'identité digitale. ».

Les programmes d'identités numériques régaliennes sont vus comme un facteur de développement économique et d'inclusion des populations. Encouragés par la banque mondiale, qui accorde en retour des notations avantageuses aux états qui les initient, ils sont en plein essor (citons le projet Indien Aadhaar [1]). La fulgurance du développement des technologies, entraine la mobilisation d'une cohorte d'acteurs utilisant les infrastructures et le savoir-faire des opérateurs en télécommunication afin de donner (affecter ?) une identité aux utilisateurs. Ces multiples acteurs (banques, GAFA, organismes de normalisations, etc.) [2] revendiquent « les dividendes du numérique » en découpant la notion d'identité en de multiples couches fonctionnelles (normes, attributs des utilisateurs, authentification, mécanismes d'échange, règles d'autorisation, service delivery). Cette fragmentation de la notion d'identité a pour conséquence de diluer et fragiliser un facteur essentiel des relations humaines : la confiance.

Cofta [3] précise « sans vérifier d'abord l'identité, la confiance ne peut être établie », le World Economic Forum pour sa part [2], voit dans le domaine de l'identité digitale, trois inconvénients majeurs : la confusion entre authentification et identité (faiblesse ou absence de la vérification de l'identité réelle de l'utilisateur) ; le fait que de nombreuses solutions reposent sur les objectifs et perspectives d'une seule organisation (les solutions sont fragmentées et dédiées à des transactions particulières) ; et l'effort sur la mise en place de normes au détriment d'une solution d'identité complète.

C'est à travers le domaine de l'identité que les notions de risque, d'incertitude et de confiance prennent tout leur sens pour l'utilisateur. Comment une firme, dans un environnement fragmenté et un monde liquide [4-5-6], est-elle amenée à gérer l'identité numérique d'un utilisateur sans dégrader son niveau de confiance? Comment réduire la situation de dépendance et de vulnérabilité des utilisateurs, tout en offrant un service fiable et sécurisé de gestion de l'identité, à travers une relation impliquant les institutions (gouvernements, organismes publics) et les firmes ?

Dans ce contexte, une recherche en sciences humaines sur l'usage et l'appropriation des solutions d'identité digitale, nous apparait nécessaire pour qu'Orange identifie les ressorts de son développement et les freins à la mise en oeuvre de ces technologies dans un domaine fortement investi par la concurrence. Cette recherche basée sur l'étude des cas concrets et innovants empruntés au domaine de la sécurité et plus particulièrement de l'identité, s'effectuerait à travers les pratiques communicationnelles des acteurs en présence.

Etat de l'art :

Luhmann [10] opère une distinction sémantiquement bien tracée entre « les deux termes, différents, de confidence (confiance assurée) et trust (confiance décidée) » [11]. En faisant confiance, « on s'engage dans une relation particulière dans laquelle l'un attend que l'autre honore la confiance reçue, sans avoir la certitude qu'il en soit ainsi » [12]. Nous nous sommes interrogés sur la capacité des firmes du secteur des télécommunications à aborder le thème de la confiance et à la traduire dans des dispositifs sociaux techniques ou des activités immatérielles. Quatre axes de recherche ont émergés pour la question de l'identité numérique régalienne : penser la confiance à travers un cycle de vie, la notion d'identité non-façonnée, l'évaluation continue incorporant un contrôle bienveillant, la nécessite de raisonner à partir d'un modèle en couches [8].

votre profil

Votre profil :

Formation universitaire en SIC (Sciences de l'information et de la communication) ou en Sociologie des organisations, de niveau Master 2 (option recherche).

Expériences souhaitées :

  • Une expérience dans un contexte de type Recherche (par exemple un stage) serait un plus.
    Vous devrez disposer des compétences techniques en :

  • Sciences de l'information et de la communication (www.cnpu.fr/web/section-71),
  • Mise en place et utilisation de méthodes qualitatives et quantitatives (outils d'analyse automatique du discours et les statistiques pour les Sciences Humaines et Sociales),
  • Pratique d'outils d'analyse de texte et de contenu ( comme Alceste, Tropes, Sphinx quali, Nvivo, par exemple).

D'autre part vous disposerez des qualités suivantes :

  • capacité d'intégration à une équipe et au travail collaboratif,
  • ouverture d'esprit,
  • esprit d'initiative et autonomie,
  • aisance dans la communication écrite et orale en français et en anglais (l'anglais courant est nécessaire car de nombreuses publications sont effectuées en anglais),
  • esprit de synthèse.

le plus de l'offre

Description de l'équipe :

Au sein de la division Innovation Marketing et technologies d'Orange, la direction Orange Labs products & Services (OLPS) porte la responsabilité technique globale des produits et services proposés par Orange, de la stratégie jusqu'à la maintenance des solutions qui sont mises en oeuvre partout dans le monde.

Au sein de la direction ASE (Architecture, Enabler, Sécurité), le département IDeA (Identité, DNS, et Accès) et plus particulièrement l'équipe Identitè, a en charge de fournir des solutions d'accès de l'ensemble des services Orange, quel que soit le moyen d'accès (mobile ou fixe, app ou web, TV,...)

Qu'est ce qui fait la valeur ajoutée de cette offre ?

Vous intégrerez une équipe pluridisciplinaire à taille humaine regroupant tous les profils nécessaires à la réalisation de ce projet.

Le sujet est inédit en Sciences de l'Information Communication, il s'appuie sur une littérature fournie (Ricoeur, Bauman, Luhmann,...)

Le terrain de la recherche est constitué d'un environnement technologique innovant dans le secteur du mobile, du web et des technologies numériques.

Vous serez associé(e) à une équipe de recherche à la pointe de l'innovation dans son domaine.

Le sujet est au coeur de la stratégie Essentiel 2020 du groupe Orange, il participe à la construction de la notion d'opérateur de confiance ainsi qu'à la construction de notre vision du progrès à travers la plateforme Human Inside [7].

Vous serez intégré(e) dans un projet collaboratif ANR en cours de montage avec l'Institut de Recherche Technologique Breton BCOM.

Références

[1] Ram S Sharma. Identity and the uidai : A response. Economic and Political Weekly, pages 101-103, 2010.

[2] R. Jesse McWaters et al. A blueprint for digital identity - the role of financial institutions in building digital identity. Technical report, World Economic Forum, August 2016.

[3] Cofta, P. (2007a). Confidence, trust and identity. BT Technology Journal, 25(2), 173-178

[4] Bauman, Z. (2007). Le présent liquide: peurs sociales et obsession sécuritaire. Seuil.

[5] Bauman, Z. (2010). Identité. Paris: Editions de l'Herne.

[6] Bauman, Z. (2013). La vie liquide. (Traduit par C. Rosson). Pluriel.

[7] Human Inside, https://humaninside.orange.com/fr

[8] Camin, J.-M. (2016). Trust by design: guidelines to improve confidence in a world of communication. The case of telecommunication industry. Communication présentée Society of Risk Analysis, Europe conference, Bath (UK).

[9] http://www.fidis.net; http://www.picos-project.eu; http://primelife.ercim.eu/; http://www.projectliberty.org/ ; https://kantarainitiative.org/

[10] Luhmann, N. (2001)

[11] Origgi G. (2008). Qu'est-ce que la confiance ? Vrin

[12] Karsenty L. (2011). Confiance interpersonnelle et communications de travail. Le cas de la relève de poste. Le travail humain, 74(2), 131-155.

entité

Objectif scientifique de la thèse - verrous à lever

Approche méthodologique-planning

L'objectif de la thèse consiste à élaborer un modèle de confiance dite "institutionnelle", permettant de décrire et de mesurer le niveau de confiance traduisant l'acceptabilité des dispositifs de gestion de l'identité digitale comme , par exemple, l'authentification comportementale (l'authentification d'une personne physique dans le monde numérique à partir de ses caractéristiques comportementales). Il faudra identifier et mettre en évidence, dans le cadre des pratiques communicationnelles, les principaux facteurs permettant la construction de cette confiance.

Les résultats attendus portent sur la mise en place d'un vocabulaire / référentiel commun de la confiance en général et de la confiance dans les solutions de gestion de l'identité en particulier, des principaux facteurs permettant la construction de la confiance institutionnelle à l'aide d'un modèle circulaire (les causes pouvant à leur tour se transformer en conséquences).

L'innovation « n'a de sens qu'au service de l'humain » [7], elle visera à réduire les situations de dépendance et de vulnérabilité des utilisateurs et permettra dans un second temps d'industrialiser une mesure continue du niveau de confiance dans les technologies d'identité digitale déployées.

Le terrain sera constitué d'une expérimentation terrain avec un passage à l'échelle grâce aux services existants (authentification comportementale, Mobile Connect) permettant de valider le modèle. Le doctorant effectuera des études qualitatives (questionnaires, entretiens, etc .) et quantitatives à partir de ces terrains. Il s'appuiera sur des outils d'analyse de contenu ou de discours.

Planning

Première année de thèse :

  • Etat de l'art approfondi, avec publication, couvrant les éléments suivants : La notion de confiance notamment dans les sciences de l'information et de la communication, la confiance dans les environnements numériques, la confiance interpersonnelle et institutionnelle ; L'évolution de la notion d'identité, la présence numérique et la valeur de l'information pour construire l'identité. Les enjeux de l'identification et de la surveillance.
  • Fixation de ou des questions de recherche, de la posture épistémologique, d'une théorie et de la méthode retenues. Choix d'un terrain (service opérationnel et / ou en phase de test)

Mise en place d'un premier environnement d'évaluation qualitatif (entretiens, questionnaires) de la confiance institutionnelle à travers les solutions de gestion de l'identité.

Publication d'un article.

Seconde année de thèse :

  • Collecte et analyse des premiers résultats, compléments aux entretiens.
  • Les données recueillies feront l'objet d'une analyse de texte et / ou de contenu.
  • Première proposition d'un modèle explicatif.
  • Publication d'un article.

Troisième année de thèse :

  • Validation du modèle à travers différents cas d'usage.
  • Publication d'un article.
  • Rédaction du manuscrit de thèse, et soutenance en fin d'année.

contrat

Thèse

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